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L'art de la torréfaction du café
L’art
de la torréfaction du caféDéfinition de la torréfaction La
torréfaction
consiste à griller
les grains pour libérer les arômes du
café, c’est une opération
extrêmement
délicate,
un savoir-faire
très particulier
parfois propre au pays ou à la région
où elle est opérée.
En France ou en Espagne, il arrive chez certains
torréfacteurs de mélanges qu’on ajoute
un peu de
sucre pour
caraméliser les grains, le beurre est le secret de
certaines torréfactions
italiennes. Pendant la
torréfaction et selon
sa durée,
le grain passe progressivement du vert au noir, suivant le
résultat voulu. Le contrôle de
ce processus par un maître-torréfacteur
est indispensable car il peut sublimer
ou
réduire à néant la
qualité d’un café. Les
types de torréfaction du caféPlus
la torréfaction est claire,
plus le café est acide et léger, il
développe une richesse
de parfums. Plus elle
est soutenue, plus le café sera noir, corsé,
caramélisé et gagnera en amertume. En
voici les nuances principales:
-
Légère
: Blonde ou New England (torréfaction principalement
utilisée dans les pays scandinaves)
-
Moyenne
: Ambrée ou American (la meilleure manière de
torréfier les grands crus pour libérer tous les
arômes et ne générer qu'une amertume
légère)
-
Moyennement
poussée : Robe de moine ou Light French (la
plus
habituelle pour torréfier les
mélanges en France)
-
Poussée
: Brune ou French (ou torréfaction à l'italienne
donnant
un café très corsé, idéal
pour
préparer de puissants ristrettos)
-
Très
poussée : Très brune ou Dark French
(assez rare car
supprimant la majorité des arômes.
Utilisée le plus
souvent avec adjonction de sucre ou de beurre pour conserver deux
composantes : un arôme caramel et une forte amertume).
La
différence entre le blond et le noir est pratiquement
aussi importante que celle qui existe entre un aliment cru ou
cuit.
-
En
Europe du Nord
(Suède,
Finlande, Norvège), on l'aime léger,
très peu
torréfié. Les allemands,
belges
ou autrichiens l'apprécient un peu plus corsé
avec une pointe d'amertume.
-
En
Europe du Sud
(Italie, Espagne, Portugal)on le boit très
torréfié, le plus
noir possible.
-
En France
les goûts sont influencés
par les pays frontaliers même
si en général, c’est la
torréfaction
moyenne à moyenne
poussée qui domine.
La composition
chimique du
café se modifie durant
la torréfaction : nouvel aspect, développement
des arômes, des qualités
gustatives, le café révèle alors tous
ses arômes. Le grain de café vert
contient 12% d'eau,
elle va disparaître presque totalement
pendant la
torréfaction. Les autres éléments
composant le grain varient suivant la
variété, le processus de culture, et le moment de
la récolte. On y trouve des
sucres, des acides, des protéines,
des alcaloïdes (caféine),
des
graisses,
des sels
minéraux (potassium, calcium,
magnésium). Au contact de la
chaleur, certains éléments disparaissent tandis
que d'autres se combinent. Le premier
changement est la pigmentation. C’est la réaction
de Strucker : le grain
devient peu à peu ocre, brun et enfin quasi-noir. Le volume
du grain augmente
sous l'effet de la chaleur ainsi que la dose de caféine.
Dans les dix
premières minutes, les sucres et
l’eau contenus dans les grains caramélisent. Dans les dix
minutes suivantes, à
l'approche des 200°C, les
acides, nommés « précurseurs
d'arôme », se combinent et
forment les
différents arômes si chers au café
(800 au total) .
Cette réaction découverte par le chimiste
Maillard,
porte aujourd’hui son nom. Pendant la
torréfaction, le grain perd eau et
acides mais gagne en volume et en arômes, une partie de
l’acidité se transforme
en amertume. Même si les premières minutes sont
gérées automatiquement par les
fours, seul le maître torréfacteur peut
à l’œil, à
l’oreille et à l’odorat
décider de la fin de la procédure. Une
torréfaction de courte durée donnera un
café plus acide, alors qu'une torréfaction plus
longue fera gagner de l'amertume.
Les
techniques de torréfaction du caféL'opération se
déroule dans un grilloir
circulaire ou cylindrique, le torréfacteur.
C’est
un appareil muni d'un tambour
chauffant, au gaz dans la majeure partie des cas, en rotation
permanente, pour
que les grains toujours en mouvement soient
torréfiés de façon uniforme, et
pour éviter de les brûler. Plusieurs
techniques de torréfaction se
distinguent par leur durée et par la chaleur à
laquelle les grains sont soumis
:
-
La méthode
traditionnelle (ou à l'ancienne) dure un peu
moins de 20
minutes avec un rendement maximum de 700kg de café
par
heure et une perte de poids
de 17 à 20%. Elle consiste à faire entrer les
grains de café vert dans le torréfacteur
où ils seront agités à
l'intérieur du tambour et léchés par
les flammes à une
température avoisinant les 200°C. Au
début du
processus, la
température monte à 170°, le
café commence
à perdre de son humidité, sa couleur devient
jaune puis rousse. Entre 200 et 230°, commence la
décomposition pyrogène et l'apparition des huiles
aromatiques volatiles dont la principale : la cafféole. La
pellicule se détachant des grains est peu
à peu aspirée par une soufflerie. Le
crépitement particulier des graines permet de
connaître l'état d'avancement de la
torréfaction, on dit que les grains "craquent". Une fois la
torréfaction
achevée, les grains sont refroidis à l'air
libre, par brassage d'air. Plus le refroidissement sera
rapide, plus il sera efficace, les grains continuant à se
torréfier en refroidissant. Cette technique permet d'obtenir
le
meilleur des grains.
-
La méthode
rapide
permet de torréfier 1500 kg de café par heure en
une dizaine de minutes seulement (grâce à des
machines puissantes) avec une perte de poids de 12 à 13%. Le
café y est maintenu dans de l'air brûlant
à 800°C, avant d'être refroidi par
brassage d'air ou bain d'eau. Cette méthode concerne les
cafés
destinés à la grande distribution et ne peut
s'appliquer aux grands crus trop délicats. En effet, sa
rapidité et la violence du chauffage ne permet pas
à la
réaction de Maillard d'avoir lieu et il en
résulte un
café aux arômes simplifiés.
-
La méthode
éclair ou flash est utilisée
seulement pour les
cafés robustas, les assemblages ordinaires et les
cafés
instantanés, elle permet de torréfier plusieurs
tonnes par heure avec une perte de poids de 12 à 13%. Les
grains subissent une
température de 880°C durant 90 secondes, la cuisson
est par conséquent inégale. Cette
méthode ne permet pas non plus
l’accomplissement des
arômes (réaction de Maillard). La torréfaction maison
réalisée jusqu'au début du 20èmesiècle
chez soi, est possible même si elle
s'avère contraignante. On utilise un grilloir, une bassine
de cuivre étamé, une plaque de fonte ou de petits
torréfacteurs personels électriques. Mais
l'opération étant très
délicate, vous
devrez accumuler beaucoup d'expérience avant de
réussir
votre première torréfaction.
Contrairement aux cafés industriels disponibles dans la grande distribution, torréfiés quasi
uniquement suivant les méthodes flash ou rapide, nous sélectionnons
uniquement des
crus de café torréfiés
de manière traditionnelle. Ce mode de
préparation artisanal respecte toutes les
subtilités des arômes, il est idéal
pour
sublimer les grands crus. Tous
nos cafés sont torréfiés «
medium
roast »
ou « torréfaction
moyenne » de manière à avoir un parfait
équilibre entre acidité et amertume. Seul certains de nos
mélanges orientés expresso, dont notre mélange
italien, sont soumis à une torréfaction est un peu plus
poussée pour apporter l'onctuosité et la crème si
recherchée par les amateurs d'expresso.
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